» ENSEMBLE DANS L’ACTION

Une main sur son téléavertisseur, l’autre sur le téléphone, le directeur des pompiers auxiliaires de la ville de Montréal, Steve Garnett, est sur un pied d’alerte. D’une minute à l’autre, son équipe sera appelée à intervenir. Un triplex en brique situé sur la rue Sheppard, près d’Hochelaga, brûle.

Code 10-14. Le feu prend de l’ampleur. il n’y a plus de temps à perdre, les auxiliaires doivent y aller. M. Garnett consulte sur-le-champ la carte routière pour s’assurer d’emprunter le chemin le plus court. «Saint-Joseph vers l’est, ensuite à droite sur Parthenais.» En moins de 45 minutes, ses troupes sont mobilisées, les récipients de 36 litres remplis de Gatorade et le premier véhicule contenant tout le matériel nécessaire pour desservir jusqu’à 500 personnes arrive sur place.

Aussitôt les tables installées, les pompiers s’y postent pour avaler un verre de boisson énergisante. Soulagés, ils affichent un sourire en guise de reconnaissance. «Vous faites du bon travail», lance le capitaine Sigouin de la caserne 47. Le visage couvert de suie et les cheveux trempés de sueur, les sapeurs échangent blagues et poignées de main avec les bénévoles, toujours heureux de pouvoir offrir leur soutien dans ces moments intenses.

Serge Dandurand, auxiliaire depuis 44 ans, porte un dossard de premier répondant. Il profite de cette accalmie pour sortir son Oxitemp, un instrument servant à mesurer le pouls, la température et le niveau d’oxygène des pompiers à leur retour du combat. L’un à la suite de l’autre, ils présentent un doigt. Si le test affiche négatif, ils seront immédiatement pris en charge par Urgence Santé qui les conduira à l’hôpital.

> M. Dandurand, premier répondant, prend les signes vitaux des pompiers en service.

L’AIDE AUX SINISTRÉS
Pendant que les bénévoles se consacrent au service des pompiers, un membre du personnel de la Sécurité du revenu et du développement social de la ville s’occupe des sinistrés qui devront être relogés. Première étape : déterminer leurs besoins.

Une évaluation sommaire des dégâts permet de connaître l’importance des pertes et l’assistance à laquelle ils ont droit. S’ils ne possèdent pas d’assurance ou qu’ils sont prestataires de l’aide sociale, la priorité est de s’assurer qu’un ami ou un membre de la famille peut les héberger temporairement. Alors, «nous leur remettons une fiche avec les numéros de différents organismes, ainsi que celui du Service de référence de l’office municipal de l’habitation qui les aidera immédiatement», explique Yves Grimard, chef de division à la Direction de la sécurité du revenu et du développement social de la Ville de Montréal. Si malheureusement ils n’ont aucune ressource, une chambre dans un établissement hôtelier leur sera réservée pour une période de 48 à 72 heures, le temps qu’ils se remettent du drame qu’ils viennent de vivre.

HISTOIRE DE POMPIERS
Pour conserver la trace de ces événements, les pompiers auxiliaires ont mis sur pied le Musée des pompiers de Montréal. situé dans la caserne 30 à l’angle des rues Saint-Laurent et Laurier. À l’intérieur, les anciennes photographies côtoient les uniformes et les systèmes de communication rustiques. C’est ainsi que l’on apprend que dès 1944, la Défense civile donnait un coup de main aux combattants lors des feux en leur fournissant café et cigarettes. Difficile d’imaginer qu’il n’y a pas si longtemps, «les chevaux tiraient les véhicules et l’eau était pompée manuellement», s’exclame Steve Garnett! Fervent d’antiquités, cette facette de son travail le passionne autant que lorsqu’il est appelé sur les lieux d’un sinistre. Tous les articles du musée proviennent de dons, sauf la dernière acquisition, un casque en cuir à rebord souple. Acheté sur eBay pour 2 300 $, il date de 1849. C’est bien avant que le Service des incendies de Montréal soit établi comme un service à temps plein.

Le musée possède également plusieurs véhicules d’antan qui sont utilisés lors de défilés, de remises de médailles de bravoure et parfois même de mariages. Le plus âgé remonte à 1887, mais celui-là ne quitte jamais le musée. Dernièrement, une de ces rare pièces recevait le troisième prix au Concours de véhicules antiques de Granby.

Parmi les 25 bénévoles, certains préfèrent couvrir les feux, d’autres s’intéressent plus à l’aspect conservation. Anciennement graphiste à la Ville de Montréal, Barry Adams numérise les photos d’archives et donne un coup de main pour réparer les camions anciens. «Mais quand ça prend des hommes pour servir, il n’y a pas d’hésitation, je m’habille et j’y vais!»