
Situé dans le Bas-St-Laurent à une vingtaine de kilomètres de Rivière-du-Loup, le village de St-Alexandre est en plein essor. Accessible financièrement, les jeunes familles choisissent de s’y installer pour profiter d’un environnement serein à quelques minutes de la ville. Mais un autre scénario se dessine en coulisses. Celui de Jean Ouellet qui jusqu’à tout dernièrement, occupait la maison qui l’a vu naître. Par la fenêtre de la cuisine, on aperçoit la forge que son père avait démarrée il y a plus de 85 ans et que Jean a reprise.

Après plusieurs décennies à travailler le fer, Jean se rend compte que la demande ni est plus. Ce métier qui nécessite force, temps et dextérité est tout simplement en voie d’extinction. Les gens préfèrent jeter que réparer, acheter tout fait que faire fabriquer. La beauté d’une balustrade en fer forgé est démodée. Les croix de chemin sont passées date. Problèmes de santé par surcroît, Jean se voit dans l’obligation de liquider le patrimoine familial.












Une chance, il n’est pas seule pour passer au travers de cette mésaventure. Il peut compter sur trois générations de Ouellet qui n’ont pas peur de se retrousser les manches pour venir en aide à un des leur. Ensemble, ils traverseront cette épreuve.



Se défaire de tout ce qui a meublé une vie n’est pas chose facile. Les six frères et sœurs, les enfants et petits-enfants se remémorent des souvenirs à travers les objets dont il faut se départir. Entre les éclats de rire et les silences prolongés, la mémoire de la famille Ouellet s’enfonce dans les cartons. Plusieurs articles seront vendus à l’encan et le reste prendra la route vers un organisme de charité.







Mais pour Jean, à 67 ans, une autre vie commence dans un village où il est anonyme.


> Jean retourne une dernière fois dans la maison familiale pour vérifier que tout est en ordre avant de la mettre en vente.
> À droite, la croix de chemin que le père de M. Ouellet avait fabriquée il y a plusieurs années se dresse encore fièrement au centre du village de St-Alexandre


Texte et photos de Marie J. Roy